Bureau des sciences en Afrique
Appel à soumission d’articles

Le journalisme scientifique est devenu une « profession moribonde » en raison de la fermeture des bureaux de science à travers le monde, y compris l’Afrique. Il en résulte une pénurie de crédibilité d’information du public sur la science qui à son tour entraîne un faible taux d’alphabétisation scientifique. Comme effets conjugués, il y a l’extinction d’organes de presse par lesquels les scientifiques eux-mêmes acquièrent de l’expérience en dehors de leur domaine de compétence et à travers lesquels les décideurs obtiennent des informations scientifiques crédibles.     

En Afrique, comme partout ailleurs, les nouvelles scientifiques sont obscurcies par les nouvelles politiques, sportives et commerciales. La qualité médiocre et la quantité insuffisante des articles scientifiques sont aggravées par un « déficit de formation formelle » sur le continent. En effet, peu de journalistes ont reçu une formation scientifique. Par ailleurs, de plus en plus d’articles sont rédigés à partir de communiqués de presse sans qu’ils fassent l’objet d’analyse indépendante ou d’examen sceptique. Cette situation entraîne le « journalisme superficiel » (« churnalism »), une pratique déplorable de plus en plus croissante par laquelle des organismes de presse republient textuellement des informations provenant d’agences de relations publiques et de sources commerciales, sapant ainsi la crédibilité du reportage scientifique. 

Le renforcement et le développement du journalisme scientifique en Afrique constitue le point de mire d’un projet de deux ans mis en œuvre par l’Académie africaine des sciences (AAS) en partenariat avec la Fédération africaine des journalistes scientifiques et l’Association des journalistes scientifiques d’Afrique du Sud et grâce à l’appui de la Fondation Bill et Melinda Gates. Le projet sera mis à exécution grâce à l’AAS, l’Alliance de l’Agence du NEPAD pour la promotion de l’excellence en science en Afrique, l’élaboration d’un agenda et une plateforme de financement.

Dans un premier temps, le projet financera des journalistes du Kenya, du Nigéria, du Sénégal et de l’Afrique du Sud qui devront produire des documentaires télévisés, de courtes vidéos web, des articles explicatifs, des rapports d’enquête détaillés ou succincts ainsi que des articles de données destinés aux marchés de l’information à l’échelle locale ou internationale. Les journalistes sélectionnés seront jumelés à des journalistes scientifiques chevronnés au niveau international et continental. Ces derniers leur assureront l’encadrement nécessaire à l’amélioration de la qualité du reportage scientifique.

Les journalistes et les organes de presse sont invités à soumettre des propositions d’articles au plus tard le 5 de chaque mois. Les propositions feront l’objet d’examen chaque mois jusqu’à la mi-2019 :

Les propositions d’articles ne doivent pas dépasser une page et doivent être accompagnées des documents ci-après :

  •  Un article portant sur un ou plusieurs axes stratégiques de l’AAS : santé et bien-être, changement climatique (et ses relations avec la santé ou la sécurité alimentaire), sécurité alimentaire et bien-être nutritionnel, eau et assainissement, énergies renouvelables, et STEM (science, technologie, ingénierie et mathématiques).
  •  Une liste des personnes à interroger.
  • Des exemples de précédents travaux menés par le journaliste ; ces travaux doivent inclure au moins trois articles scientifiques (lors de la toute première soumission).
  • Une proposition de budget ne dépassant pas le montant de 700 $EU par article.
  • Une lettre d’appui de la part du Rédacteur et, dans le cas des journalistes indépendants, une preuve de l’acceptation de la proposition d’article.
  • Des documents biographiques ou curriculum vitae (lors de la toute première soumission).

Veuillez faire parvenir toutes les propositions d’articles à AAS Ishango Grant System